You are currently viewing La Responsabilité Sociétale des Entreprises et le Développement Durable (RSE – DD) : les deux oubliés des entreprises publiques Au Sénégal ?
La Responsabilité Sociétale des Entreprises est l’intégration volontaire par ces dernières des préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec les parties prenantes.

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987)

La RSE et le DD : deux concepts pas nouveau mais qui façonnent aujourd’hui les politiques de développement des territoires et des entreprises.


La RSE : un concept pas nouveau ?

L’économiste Howard Rothmann Bowen est souvent désigné comme le père fondateur de ce champ d’études. Il a su décrire et structurer les approches théoriques en matière de RSE dans son livre Social Responsibilities of the Businessman (SRB). Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a pu distinguer trois vagues successives de conception de la RSE :

– Dans les années 1950, la conception éthique aux États-Unis ;

– Dans les années 1970-1990, la conception utilitariste aux États-Unis ;

– Depuis 1990, la conception fondée sur la soutenabilité dans les pays européens occidentaux qui est loin d’être arrivée à maturité encore de nos jours. Dès lors, le concept de responsabilité sociétale des entreprises a fait son entrée dans le débat international. Plusieurs organisations internationales ont apporté leur contribution au développement de la RSE dans le monde.


Le développement durable, un concept pas nouveau ?

L’expression est utilisée depuis les années 90, mais le concept est plus ancien. Ses origines sont à chercher dans un contexte de forte croissance économique des pays industrialisés, faisant face à de grandes catastrophes environnementales et industrielles. Dès les années 60, le modèle économique des pays industrialisés est critiqué pour son impact sur l’environnement. Epuisement des ressources naturelles, utilisation massive de pesticides… le groupe de réflexion « le Club de Rome » est formé en 1968 pour interroger la vision productiviste du développement : un développement qui ne mettrait pas à mal l’avenir de la planète n’est-il pas possible ?

Quelques événements clés liés à l’évolution du concept :

En 1972, la grande conférence des Nations unies sur l’environnement humain, à Stockholm, montre les liens étroits entre écologie et économie. L’environnement est considéré comme un patrimoine à transmettre aux futures générations. En 1987, la notion de développement durable est née, avec le rapport Brundtland.

Le terme se fait connaître de la société civile après 1992, à l’issue du deuxième Sommet de la Terre, à Rio. La notion s’enrichit d’une dimension sociale actuelle, dans la lutte pour l’égalité des populations et contre l’exclusion. C’est aussi la naissance de l’Agenda 21.


La RSE et le DD : les entreprises publiques ?

En Afrique, particulièrement au Sénégal, la RSE et le DD est souvent vue comme l’affaire des entreprises du secteur privé (les grandes entreprises comme : Sonatel, Kirène, Auchan, Eiffage, SOCOCIM, …). Une conception fausse mais qui traduit une réalité : les grandes entreprises sont les plus actives dans la mise en place d’une démarche RSE et DD formelle avec tout une stratégie de communication sur les canaux classiques (télé, radio, etc.) et sur les réseaux sociaux et professionnels (LinkedIn, Facebook, etc.)

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises publiques font de la RSE et du DD sans le savoir ou sans une véritable démarche formelle. Et pourtant, la RSE et le DD peuvent être des leviers pour une nouvelle approche politique envers toutes les parties prenantes, les clients et les travailleurs en particulier.

Par exemple, la SENELEC investit de plus en plus dans la diversification de ses sources d’alimentation électrique (solaire, etc.) et accompagne les collectivités locales dans leur politique d’électrification pour améliorer les conditions de vie sociale et économique des ménages). Des actions qui peuvent être valoriser comme actions RSE & DD.

Malick MBOUP (un exemple parmi des dizaines)

La RSE – DD et les entreprises, l’un jamais sans l’autre ?

Mettre en place une démarche RSE – DD améliore la réputation des structures qui paraissent plus à l’écoute des problématiques économiques, sociales et environnementales. Outre les bénéfices liés à la protection de l’environnement, la mise en place d’une démarche RSE dans l’entreprise lui permet d’attirer de nouveaux cadres et de fidéliser ceux déjà en poste en travaillant sur sa marque employeur : les nouveaux talents ont à cœur d’être associés à des marques dont l’image est positive et reconnues pour les valeurs morales qu’elles portent (Choisir son nouvel employeur en fonction de ses valeurs morales).

Autres avantages de la mise en place d’une politique RSE et DD :

  • Construction d’une relation saine et équilibrée avec les fournisseurs et les sous-traitants de l’entreprise ;
  • Bien-être du personnel (meilleure mobilisation du personnel, plus investi) ;
  • Plus de sources d’innovation pour l’entreprise ;
  • Véritable avantage concurrentiel (levier de démarcation des autres) ;
  • Une démarche qui incite les salariés à s’investir en adoptant des gestes plus responsables ;
  • Implication des salariés dans la vie de leur entreprise en les rendant acteurs du changement ;
  • Etc.

En conclusion : la RSE et le DD, au-delà d’une démarche volontaire, sont des leviers de survie des pour les entreprises ?

La responsabilité sociale des entreprises est devenue un sujet d’importance en management des organisations (soutenabilité et durabilité). C’est à cette question que répondent les démarches entamées par les entreprises qui, confrontées aux risques d’une réglementation plus sévère de leur activité (lois sur les plastiques, gaspillage alimentaire, emprunt carbone, etc.), et en réponse à la demande pressante des marchés – des investisseurs et des consommateurs – ainsi qu’à l’activisme d’organisations non gouvernementales affectant leur réputation, s’efforcent de légitimiser leurs actions en adoptant de nouveaux critères de décision : critères éthiques.

Contribution extraite de mon travail de thèse (partie analyse conceptuelle).

Malick MBOUP (Thèse sur les politiques de RSE et DD des entreprises de la grande distribution au Sénégal)

Cet article a 6 commentaires

  1. Alioune SYLL

    Article très riche en enseignement 👍🏿

  2. Sanou Pap Cheikh Malick Si

    Je souhaite obtenir davantage d’information sur la RSE

  3. Abou

    Une belle leçon
    Excellent

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